Le 8ème Rugiss' Hand

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19 juillet 2010

ITW: Françis Franck ''je ne regrette rien''

      Cela fait grosso modo 20 ans qu'il fait partie du paysage. Pas en toile de fond, au premier plan, tout devant. Vingt ans que Francis Franck fait l'actualité, autant par ses performances qu'en raison d'un caractère bien trempé. Normal, le garçon est gardien de but...

 

Les petits gros, le grand et sec

      Vingt ans donc, mais pas un de plus. A 40 ans - il est né le 17 mars 1970 à Saint-Avold -, le Sélestadien a décidé de tourner la page. De mettre fin à une carrière qui, forcément, en fera rêver plusieurs.
Comme rien ne pouvait être banal s'agissant de Francis Franck, tout débuta sur un malentendu. « J'ai fais mes premiers pas sur un terrain à sept ans et demi. Six mois plus tard j'étais gardien. A l'époque, on avait tendance à faire jouer les petits gros dans le but. Moi, j'étais déjà grand et sec. » Premier match, et quatre penalties arrêtés...
Le début d'une belle et longue carrière qui allait mener le Lorrain de l'ASPTT Metz au SMEC lorsque les "postiers" se décidèrent à ne miser que sur les filles, puis dans la région parisienne que Francis Franck rejoint à 22 ans.
Ce fut Saint-Brice (et la montée en D1), l'USM Gagny avec laquelle il disputa son premier EuroTournoi en 1994, et Pontault-Combault.

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56 sélections, le bronze au Japon

      C'était écrit, c'est sur un autre concours de circonstances que tout s'emballa. Parti à Créteil pour n'y être que troisième gardien, c'est pourtant lors de la saison 1996/1997 que le talent de l'Alsacien naturalisé parce qu'accepté put pleinement s'exprimer.
      « Il y avait, devant moi, Damien Pellier et Christophe Lassaut. Le premier se blesse d'entrée, le deuxième aussi quelques matches plus tard. Me voilà premier gardien parce que le seul... Et Daniel Costantini qui m'appelle en équipe de France ! »
       L'histoire s'accélère pour Francis Franck qui fête sa première sélection aux Jeux méditerranéens. Cinquante-cinq autres suivront marquées, entre autres, d'une médaille de bronze aux Mondiaux japonais de 1997.
Passé au PSG-Asnières (c'est à cette époque, à l'occasion d'un match à rejouer face au Racing, qu'il rencontre Joëlle, la Lutzelhousoise future mère de Morgane et Clément, ses enfants) puis en Allemagne, à Friesenheim - « une expérience, un choix de confort et un challenge de plus » -, Francis Franck débarque à Sélestat en 2003.
       « A 33 ans, le besoin de préparer l'après handball m'a décidé. Je n'avais, professionnellement, rien, aucun diplôme, aucun outil, aucune expérience. Là, j'avais l'occasion de revenir chez moi ou presque, d'encore jouer et de me projeter vers l'avenir. »

« Tu portes des œillères quand tu pratiques le sport de haut niveau »

      Sélestat lui offrit effectivement l'opportunité d'assurer un avenir autre qu'handballistique. Le temps d'un stage à la BDE des amis Chouissa, d'un autre à Sport 2000, Francis Franck découvre - en même temps qu'il fait le bonheur du SCS, du SAHB pour finir - le métier de commercial, à Colossal d'abord, chez Arlogis pour finir.
       « De m'ouvrir au vrai monde m'a permis de vraiment m'enrichir. Tu portes des œillères quand tu pratiques le sport de haut niveau. Ces expériences professionnelles m'ont permis de m'ouvrir sur tout ce qui fait la vraie vie. C'est usant de concilier sport et formation, mais tellement riche. Vraiment, je remercie tous ceux qui m'ont permis de passer d'une vie à l'autre, comme ça, en douceur. »

« Je sais la chance que j'ai eue »

      Francis Franck s'en est donc allé au soir d'un match à Nancy, le 30 mai dernier, au terme d'un énième match de haut niveau. Le cœur gros, mais l'esprit libre.
      Heureux d'une carrière pleine et épargnée -« j'ai toujours eu peur d'une blessure que je n'ai jamais eue » -, fier d'un parcours irréprochable. Reconnaissant aussi pour ceux lui ayant fait confiance, les dirigeants sélestadiens en premier lieu.53307010
    « Sélestat est un club à part, comme il en existe très peu en France. Le hand fait partie du patrimoine de la ville, chacun sent, dans l'équipe, la responsabilité qu'il porte, chacun sait ce que nos supporteurs donnent et ce qu'on doit leur rendre. On est obligé de se battre chaque samedi, bien ou mal, mais de se battre.
    « Si Créteil m'a apporté les résultats, si jouer au PSG de l'époque a été valorisant, Sélestat est définitivement le club qui m'a le plus marqué. Au niveau de l'environnement comme à ceux du cadre de vie et du plaisir. »
Francis Franck sait de quoi il parle quand il évoque le cadre de vie. Parce que, fils de mineur (son papa s'en sortit en réussissant un concours lui ouvrant les portes de la police nationale), il aurait pu, lui aussi et tout comme son cousin, vivre sa vie 800 mètres sous terre.
     « Mes parents d'abord, le hand ensuite, m'ont permis d'y réchapper et ça n'a pas de prix. Je sais la chance que j'ai eue de faire de ma passion un métier, de vivre de telles expériences et de rencontrer des gens uniques. »

« Chaque match que j'ai joué est un souvenir »

      Un des meilleurs gardiens de but que le hand français a connu a ainsi décidé de tourner la page. Mais pas de fermer le livre. Pas possible pour un garçon qui en a écrit tant de beaux paragraphes.
      S'il a rangé ses baskets, Francis Franck ne renie rien. « Chaque match que j'ai joué est un souvenir. J'ai débuté le handball en m'amusant, je l'ai quitté en m'amusant. Il y a souvent eu des obligations de résultats, mais jamais je n'ai oublié la notion de plaisir. Je ne regrette rien, surtout pas mes choix. Là, tout de suite, je vais prendre le temps de souffler, celui de réfléchir. Mais c'est évident, le hand n'en a pas fini avec moi. »
      Pour preuve, même si sa décision de ne plus jouer est bel et bien prise, Francis Franck a demandé à Jean-Luc Le Gall de pouvoir s'entraîner une ou deux fois par semaine. Et le Lorrain s'interroge sur sa future implication dans le monde du hand.

« L'image d'un garçon qui ne s'est jamais caché, qui n'a jamais triché »

      « C'est clair, ma carrière de joueur s'est achevée à Sélestat. Mais j'ai malgré tout un engagement moral avec le club. M'y impliquer me tenterai assez, mais je ne sais pas encore à quel niveau. »
      Une bonne nouvelle pour Vincent Momper et les siens tant leur ancien gardien a encore des choses à apporter à un club auquel il croit. « Il faut que Sélestat mobilise, centralise et attire. Il y a un problème financier, donc économique, à régler, mais je crois en Sélestat, à ses facultés à côtoyer le plus haut niveau. »
       Il veut tenter l'aventure, d'une autre façon. En inculquant, par exemple, aux plus jeunes cet état d'esprit qui l'a toujours fait avancer.
       « Gamin, je me suis lancé dans une aventure, entraîné par un "truc" que je n'étais pas sûr de pouvoir maîtriser. La passion m'a guidé, elle m'a permis d'aussi bien vivre la vie qu'il m'a été donné de vivre. Je le répète, je n'ai aucun regret. Un manque, peut-être, celui de ne pas avoir participé aux Jeux olympiques... »
       Pas de regret, juste un souhait : « Au bout du compte, j'espère qu'on gardera de moi l'image d'un garçon qui ne s'est jamais caché, qui n'a jamais triché... » Mais qui pourrait penser le contraire ?

A.V.53308241

: le 17 mars 1970 à Saint-Avold (Moselle).
Clubs
ASPTT Metz,
SMEC,
De 1992 à 1994: Saint-Brice
De 1994 à 1995: Gagny
De 1995 à 1996: Pontault.-ComBault (LNH)
De 1996 à 1997: Créteil (LNH)
De 1997 à 2000: PSG (LNH)
De 2000 à 2003: Friesenheim (All D1)
De 2003 à 2007: Sélestat (LNH)
De 2007 à 2009: Mulhouse (D2)
De 2009 à 2010: Sélestat (D2)

Palmarès : vice-champion de France et vainqueur de la Coupe de France en 1997 avec Créteil, élu meilleur gardien de D1 en 1999, élu meilleur gardien de D2 en 2009, 56 sélections en équipe de France (médaillé de bronze aux Mondiaux-1997 au Japon, 5e de l'Euro-1998, 5e des Mondiaux-1999).

Source des DNA

Posté par fredgo à 22:31 - 05) Interviews - Commentaires [0] - Permalien [#]
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