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26 février 2011

Des nouvelles de nos anciens violets : Thomas Haegeli

          Parmi les rares joueurs alsaciens évoluant au plus haut niveau français, Thomas Haegeli présente sans doute le parcours le plus original. Alors qu’on ne lui avait guère laissé d’espoirs, il est parti de très bas pour arriver au sommet cette année.

 

Le parcours atypique de Thomas Haegeli prendra fin au mois de juin. Cet automne, il ouvrira son cabinet de kiné, chez lui, à Hilsenheim. Photo Dominique Gutekunst
Le parcours atypique de Thomas Haegeli prendra fin au mois de juin.
Cet automne, il ouvrira son cabinet de kiné, chez lui, à Hilsenheim.  Photo Dominique Gutekunst

         Pratiquer le handball à un bon niveau n’a pas suffi à Thomas Haegeli pour s’ouvrir les portes de l’élite. Originaire de Hilsenheim, à une dizaine de kilomètres de Sélestat, ce garçon de 25 ans qui s’est rapidement retrouvé avec une balle en cuir entre les mains - il a accompagné très jeune son arbitre de père Marius sur tous les terrains de handball de la région-, a connu une trajectoire qui n’a rien d’une ligne droite. Mais qui l’a finalement conduit jusqu’au plus haut niveau national puisqu’il évolue désormais en Ligue Nationale sous le maillot de Saint-Cyr-sur-Loire. C’est avec le club tourangeau qu’il a vécu l’accession en Division 1, après avoir roulé sa bosse du côté de Sedan puis de Metz au sortir du centre de formation de Sélestat.

         Un parcours paradoxal pour ce joueur qui a su combiner le plaisir de jouer avec le choix de privilégier les études. N’étant pas assuré de pouvoir tracer sa route dans le handball professionnel, d’après les dires de son entraîneur de l’époque à Sélestat, Thomas a donc mis la priorité sur ses études de kinésithérapeute qu’il a effectuées en Belgique, près d’Arlon.  « J’avais 17 ans et François Berthier m’a clairement fait comprendre qu’il ne fallait pas que je me fasse trop d’idées,  se souvient l’intéressé. Tout au plus je pouvais être le 16 e ou 17 e homme d’un groupe pro. »

« Une petite rancœur depuis mon départ  de Sélestat »

          Le virus du handball n’étant pas soluble dans les études, il déniche une place de pivot en Nationale 3 à Sedan. Pour évoluer en D2, il augmente même les kilométrages entre la Belgique et son nouveau port d’attaque, le SMEC Metz, qui connaît deux descentes successives. Le diplôme de kiné en poche, il se met sur le marché et se voit proposer par son ancien coach, François Berthier, une place à Saint-Cyr alors grand favori pour la montée en Division 1.  « Plus qu’une surprise, j’ai accueilli cette proposition comme un moyen de prendre ma revanche. Car j’avais gardé une petite rancœur depuis mon départ de Sélestat. Et puis, j’avais là la possibilité de toucher à un rêve : passer pro. »

           La saison se passe comme il l’attendait : avec la montée en LNH au bout, la possibilité de découvrir la D1 et de jouer face aux meilleures équipes françaises. Son premier match cette saison restera pour toujours l’un de ses souvenirs les plus marquants.  « C’était aussi particulièrement stressant puisque jusqu’à quinze minutes du début du match face à Nantes, je n’étais pas sûr de pouvoir jouer. On était 15 joueurs pour 14 postes. Finalement, j’ai été retenu et j’ai même marqué mes deux premiers buts en LNH. »

           Des débuts particulièrement réussis puisque l’Alsacien inscrira 14 buts lors des trois premières journées. Il brille surtout dans l’exercice des penaltys : sur ses 46 buts inscrits lors des treize matches du cycle aller, 35 l’ont été depuis la ligne des sept mètres.  « Je me suis piqué au jeu, confesse-t-il.  Ça peut aider à faire basculer un match, comme face à Nîmes où mes deux penaltys nous ont permis de remporter une victoire importante. De toute façon, je prends ce que l’on me donne et je croque dedans. »

« Je ne ferme pas totalement la porte  au handball de  haut niveau »

            Pas comme un mort de faim mais plutôt comme quelqu’un qui tient à profiter le plus possible de ces moments exceptionnels. Car le rêve s’arrêtera en principe à la fin de la saison. Non pas parce que Saint-Cyr redescendra à l’étage inférieur, le maintien étant plutôt bien engagé. Mais plutôt parce que le kiné-handballeur a déjà prévu d’ouvrir un cabinet avec sa compagne dès cet automne à Hilsenheim.

           Un retour au pays en quelque sorte pour celui qui n’y était pas prophète.  « Tout est bouclé même si je ne ferme pas totalement la porte au handball de haut niveau. Sélestat a déjà resigné ses jeunes pivots et je suis assez réaliste pour savoir qu’on ne me confiera pas le rôle de pivot numéro un dans un club de D1. Il y aura peut-être des opportunités en Allemagne. On verra bien. »

Christian Weibel
Source L'Alsace

Posté par fredgo à 07:41 - 11c) Des nouvelles de nos anciens violets - Commentaires [0] - Permalien [#]
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