Si le SAHB n’a pas eu les moyens de rivaliser avec le leader de la D2, samedi soir, son avenir n’est pas si sombre. À condition de donner du volume à un effectif encore trop juste pour jouer les premiers rôles.
Le premier match officiel du SAHB dans sa nouvelle salle, construite aux normes de la Ligue Nationale, s’est soldé par une défaite et un constat d’impuissance face à Saint-Cyr, un favori pour la montée en D1. La rencontre est pourtant, paradoxalement, riche de promesses. À condition que les locataires de ce petit bijou, fassent le nécessaire pour que leur équipe se montre à la hauteur de cet équipement et de leur public, qui avait répondu en masse à l’appel.
Mais les 1700 spectateurs n’ont eu que peu d’occasions de donner de la voix. Ils ont vite compris que leur équipe n’était pas en mesure de rivaliser. Le joli rapproché, conduit par un Jordan François-Marie enfin en pleine réussite, en fin de match de 15-20 (46 e) à 19-20 (55 e) a bien mis le feu aux gradins l’espace d’un trop court instant. Le temps que Saint-Cyr ne remette les pendules à l’heure en utilisant son banc à bon escient (20-23, puis 22-26).
« On n’a rien à envier à l’Allemagne »
Privé de Eymann, blessé, contraint de composer avec Huljina et Salami à peine convalescents, puis encore un peu plus affaibli par la blessure de Beauregard, Sélestat était trop amoindri pour pouvoir rivaliser pendant toute une heure face à un tel rival.
« On a vu très clairement la différence entre une équipe armée pour monter et la nôtre qui a des manques que l’on voit de manière criante, constate réaliste l’entraîneur du SAHB, Jean-Luc Le Gall. Je pense avoir tout essayé avec ce que j’avais sous la main. J’ai bricolé et expérimenté certaines choses. Mais j’avais beau me tourner plusieurs fois vers le banc de touche, je n’avais pas 36 000 solutions. »
Les rescapés ont pourtant mouillé le maillot et réussi quelques belles prestations individuelles à l’image de Girardin (11 arrêts) ou encore de Jung (4/5) et d’Aman (3/3) qui, s’ils n’ont pas fait oublier les titulaires à leurs postes (Salami et Huljina) ont apporté leur vivacité, tout comme Foubert. Mais leurs efforts ont été insuffisants pour inquiéter le rude bloc adverse, composé de solides gaillards qui ont déjà pas mal bourlingué et dont l’expérience apporte presque autant que leurs qualités individuelles.
On le savait depuis le début de la saison, Sélestat manque de telles ressources et n’avait pas les moyens pour faire face à une série de blessures. Malgré cela le groupe évolue dans la bonne direction selon son coach. « Je suis forcément déçu du résultat mais je mesure aussi le chemin parcouru depuis notre entame de la saison face à Saint-Cyr. À l’aller, on n’a pas existé. Là, je constate de très nets progrès qui peuvent servir de bases pour le futur. On a construit cette équipe très tardivement l’année dernière pour les raisons que l’on connaît (Ndlr : relégation en D2) et avec les moyens qu’on avait. Mais le club a pris une nouvelle dimension aujourd’hui grâce au nouvel outil dont il dispose. Avec cette salle et ce public exceptionnel, ça change tout. J’y décèle les prémices d’une très belle équipe. On a juste besoin d’un meilleur effectif. Et si on propose du spectacle sur le terrain, les dirigeants s’occuperont d’en faire dans les tribunes. Franchement, on n’a rien à envier à l’Allemagne. »
Jean-Luc Le Gall et les dirigeants travaillent déjà sur le long terme. « On aimerait déjà garder François-Marie et compléter le groupe. On dispose aussi de toutes les graines (Eymann ou Jung entre autres) pour construire une équipe amenée à progresser sur plusieurs années. »
Cette défaite relègue désormais le SAHB à distance respectable des premières loges. Elle ne doit pas semer le doute dans les esprits, ni créer un relâchement, sous peine d’entrevoir une deuxième partie de saison pénible. Malgré un calendrier redoutable (Coupe de France dès ce mercredi contre Dijon, puis match en retard de championnat contre Nancy le samedi) pour une équipe très affaiblie, il faudra rebondir.
Christian Weibel