Vu côté Pontault: A l'heure des retrouvailles
Une semaine du derby face à Mulhouse, Sélestat ira défier Pontault-Combault (8e) samedi soir. Jean-Luc Le Gall, l'entraîneur sélestadien, va croiser un de ses anciens joueurs, William Holder, passé cet été du terrain au banc de touche.
La transition a été rapide. Encore joueur l'an passé, William Holder s'est glissé cet été dans le costume d'entraîneur. Non sans mal.
« C'était un choix réfléchi, et je m'habitue petit à petit à ce changement. Mais l'envie ne s'en va pas du jour au lendemain. Quand je vois mes joueurs courir, j'ai parfois envie d'intervenir sur le terrain. Ce n'est pas facile, je dois faire la part des choses », sourit l'ancien ailier droit, qui assouvit encore sa soif de ballon pour remplacer l'un ou l'autre joueur blessé lors des entraînements.
« Le choix de la raison »
A 36 ans, William Holder avait encore quelques années devant lui. Mais il a fait « le choix de la raison ». Une épaule gauche douloureuse et l'opportunité de s'installer sur le banc de Pontault-Combault ont accéléré sa décision de raccrocher, « même si j'avais l'envie et les moyens de continuer à jouer ».
Mais le Bourguignon a privilégié sa reconversion. Depuis deux ans, il avait ainsi commencé à passer ses diplômes, tout en continuant à martyriser les gardiens de D2. « Mon objectif, après ma carrière de joueur, était d'entraîner à haut niveau. C'est très rare de pouvoir passer de l'un à l'autre dans la foulée. Je suis encore en phase d'apprentissage... »
Celui qui fut l'un des meilleurs ailiers droit français de la décennie s'est tourné vers le métier d'entraîneur presque naturellement. « Je sentais que j'avais la fibre. Je crois que j'arrive à transmettre certaines valeurs », assure William Holder, longtemps capitaine dans les équipes où il est passé.
Certains entraîneurs rencontrés au cours de sa carrière de joueur l'auront marqué. Notamment Jean-Luc Le Gall, le coach sélestadien, qu'il a côtoyé une saison à Créteil (2004-2005). « Jean-Luc m'a donné beaucoup de conseils pendant que je passais mes diplômes. »
« C'est un bien grand mot, sourit Jean-Luc Le Gall. Je lui ai surtout fait part de mon expérience. » Les deux hommes ont appris à s'apprécier depuis leur aventure cristolienne. « C'est assez facile de s'entendre avec William. C'est quelqu'un d'ouvert et d'intelligent. Je ne suis pas surpris de le voir entraîneur. »
Le coach violet se souvient d'un joueur « qui ne trichait pas ». « Lors de notre année commune à Créteil, il n'avait pas fait sa meilleure saison en D1. Quand un joueur se retrouve dans cette situation, il peut perdre en objectivité. William a lui toujours été droit. »
« C'est une anecdote »
Amis en dehors du terrain, ils seront pour la première fois opposés en tant qu'entraîneurs. « C'est une anecdote », indique William Holder, lequel n'en est plus à son coup d'essai. Cette saison, l'ancien Cristolien a déjà croisé Benjamin Pavoni (Vernon) et Brahim Ighirri (Mulhouse), deux techniciens qui l'ont dirigé par le passé.
« Avec Jean-Luc, on va essayer de se contrer l'un et l'autre pendant 60 minutes, sachant qu'il dispose d'une "arme" plus puissante que la mienne ! », s'amuse le Ponto-Combalusien.
« Le fait que William soit sur le banc ne change rien à mon approche, confirme Jean-Luc Le Gall. Le milieu du hand est petit, on retrouve souvent des gens que l'on connaît... ». Et comme dans bien des cas, l'amitié reprendra le dessus une fois le match fini.
Simon Giovannini




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