Retour sur la 5ème journée: Sélestat, au-dessus de la mêlée
Invaincus au bout de cinq journées, Frédéric Beauregard et Sélestat ne veulent pas s’arrêter en si bon chemin, malgré leur prochain déplacement chez leur dauphin Créteil.
Après avoir accumulé les défaites (douze d’affilée) il y a deux saisons en D1, Sélestat collectionne à présent les succès à l’étage inférieur. Et cette quête transcende une équipe de plus en plus gourmande. Samedi, pour son deuxième passage devant son public, elle n’a donc fait qu’une bouchée de Nancéiens pourtant réputés durs à cuire. Mais les « MasterChefs » alsaciens ont cuisiné leurs adversaires à l’étouffée en recueillant le jus de cuisson dans le dernier quart d’heure (23-20, 48 e, puis 31-25, 60 e).
« Il a fallu batailler pour engranger cette cinquième victoire et ce n’est qu’en milieu de deuxième mi-temps que nous avons réussi à distancer Nancy. Notre défense homme à homme a dû finir par les fatiguer et des brèches se sont ouvertes dans leur défense », estime Frédéric Beauregard qui avait enfilé la toque du capitaine à la place d’Olivier Jung, en béquilles dans les tribunes.
« Cette équipe possède une âme »
Pourtant, ce brassard d’une équipe euphorique, l’arrière gauche du SAHB avoue n’avoir pas spécialement eu l’envie de le porter. « Même si je suis quelqu’un qui parle beaucoup, qui motive les gars, je n’affectionne pas particulièrement ce rôle. Celui qui est le plus apte pour cela, c’est Olivier (Jung). Il parle moins que moi, mais son investissement est énorme. L’objectif consistait d’ailleurs à lui offrir cette victoire. L’idée est venue d’Obrad Ivezic. Ça démontre qu’il y a un véritable esprit de groupe. Que cette équipe possède une âme », s’en réjouit son capitaine intérimaire, le temps que la fracture au pied d’Olivier Jung se résorbe.
Samedi soir, ses coéquipiers ont démontré qu’ils étaient capables de surmonter l’absence de leur jeune pivot et qu’ils savaient se débrouiller même lorsque leur meneur de jeu, Vlado Ostarcevic, connaît un coup de moins bien comme cela a été le cas contre les Lorrains. Ses coéquipiers ont pris leurs responsabilités à l’image d’une ligne arrière efficace (18 buts pour 32 tirs) grâce à François-Marie (9/15), Beauregard (6/13) et un impeccable Foubert sorti du banc (3/3). En y ajoutant les sans-faute de Freppel qui a marqué son retour à Sélestat par un impressionnant 6/6 et des pivots (Aman à 3/3 et Huljina 1/1), Nancy n’a pas pu tenir la cadence. « On l’a encore vu samedi, le danger vient de partout, se réjouit Beauregard. Cette année, notre équipe possède un équilibre qu’elle n’avait pas l’an dernier. Et, en plus, quand vous remportez cinq victoires de suite, je peux vous assurer que cela donne confiance. »
« Tout le monde est chaud patate »
Sélestat n’aurait donc pas pu mieux aborder le choc au sommet contre Créteil, dimanche prochain, même si Jung sera absent pendant plusieurs semaines encore. « Si on réussit une performance là-bas et si on ne commet pas de faux pas contre Nanterre, on aura des jokers en poche. » Car Frédéric Beauregard estime que le calendrier du cycle aller paraît plus favorable au SAHB que la seconde partie de la saison où son équipe devra se déplacer chez la plupart des grosses équipes. Après avoir réussi à éviter les pièges des promus (à l’image de leur succès à Semur), les Violets vont pouvoir s’étalonner chez un favori. « On est impatient d’aller faire quelque chose chez cette équipe en pleine bourre après sa défaite initiale. C’est un match où il faudra envoyer. Tout le monde est chaud patate pour remporter une sixième victoire et conserver notre invincibilité le plus longtemps possible. »
Christian Weibel


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