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Jordan François-Marie et ses coéquipiers du SAHB ont su déjouer le piège tendu
par le promu semurois en s’imposant dans les dernières minutes. Photo Denis Werwer
Contraints de sortir le bleu de chauffe à défaut de proposer un jeu chatoyant, les Sélestadiens ont eu le mérite de ne pas perdre pied à Semur en portant l’estocade dans les dernières minutes pour doucher une salle incandescente.
Débuter la saison par un succès est toujours important pour le moral, pour valider la préparation et affirmer ses prétentions, surtout quand, comme Sélestat cette saison, on fait partie des favoris pour les premières places. Deux autres candidats à la montée en LNH, et pas des moindres (le relégué Créteil et Nancy, battus sur le plus petit des écarts respectivement à Billère et à Pontault) y ont déjà laissé des plumes.
« On n’entendait plus les consignes »
Sélestat aurait pu faire partie des gros bras épinglés par un soi-disant petit. Et si les Alsaciens s’en sont finalement tirés à bon compte, c’est davantage grâce à leur force de caractère et à une dose d’expérience supplémentaire malgré un contexte défavorable pour ne pas dire hostile.
« Le match s’est déroulé dans une petite salle avec une rangée de chaises très près du terrain, rapporte Jordan François-Marie. À chaque but des locaux, leurs supporteurs devenaient fous. Il y avait tellement de bruit qu’il nous était impossible d’entendre les consignes du porteur du ballon ou de Jean-Luc Le Gall depuis le bord de la touche. Si Semur joue de la même manière à chaque match, je pense qu’il n’y aura pas beaucoup d’équipes qui réussiront à gagner dans cette salle. »
Les quatorze combattants du SAHB ont donc eu le mérite de ne pas se laisser déstabiliser par l’environnement et de garder la tête froide à défaut de produire un jeu parfait. La défense alsacienne, sur laquelle l’équipe espère s’appuyer pour emmagasiner des résultats positifs, a notamment été beaucoup trop perméable, surtout au cours d’une première période où les visiteurs ont encaissé la bagatelle de 16 buts. « Encaisser 31 buts contre un promu, c’est beaucoup trop, estime d’ailleurs Jordan François-Marie. L’année dernière on en prenait un peu moins de 26 par match. Notre 6-0 utilisée en première mi-temps n’a pas fonctionnée car les tireurs passaient au centre. Ça a été un gros problème. Comme ces balles perdues trop nombreuses pour rester sereins. »
Les statisticiens bourguignons en ont recensées 12. Elles auraient pu coûter cher, si Sélestat n’avait pas gardé le meilleur pour la fin. Menés de deux buts (22-20) à l’entrée du dernier quart d’heure, les partenaires d’Olivier Jung ont parfaitement négocié la fin du match (6-11). Affirmant leur autorité dans ce que les basketteurs ont coutume d’appeler le money time. Car les irréductibles Bourguignons, distancés de trois buts (24-27) à la 55 e minute, sont parvenus à égaliser à deux minutes de la fin (28-28) avant un 3-0 alsacien. Un match comme cela, ce n’est pas sûr que le SAHB version 2009/2010 l’aurait emporté. C’est peut-être là où réside la différence d’une saison à l’autre. Celle qui permettra aux Violets d’arriver à leurs fins.
« Cette année, je veux monter »
« On n’a pas été spécialement bons et on s’est franchement fait peur, reconnaît François-Marie, le meilleur buteur de la soirée, côté alsacien (8 buts). Mais on a montré d’autres vertus en allant chercher cette première victoire. On a mis du cœur à inverser la tendance et c’est ce qu’il faut en retenir. Je suis heureux d’avoir pu apporter ma contribution à ce succès car je pars à fond dans le projet du club. Cette année, je veux monter à la fin de la saison. »
Son équipe a passé, non sans frayeur, la première des 26 étapes. Et la prochaine qui arrive s’annonce encore plus périlleuse puisque le SAHB s’apprête à recevoir Aix qui a étrillé un autre promu, Vernon, avec une différence de 15 buts ! Ce sera l’affiche de la deuxième journée.
Christian Weibel source L'Alsace.
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